Près de six professionnels RH belges sur dix voient l'essor de l'intelligence artificielle comme une menace de perte d'emploi

Mardi 12 décembre 2017 — Bruxelles - Plus de la moitié des professionnels RH belges (53,9 %) croit que l'essor de l'intelligence artificielle n'engendrera pas davantage d'emplois dans leur secteur d'ici 2025. Les professionnels RH belges sont beaucoup plus pessimistes à ce niveau que leurs collègues dans d'autres pays, où en moyenne 32,1 % ne croient pas en la création de nouveaux emplois grâce à l'intelligence artificielle. Cependant, les professionnels RH belges estiment que l'intelligence artificielle peut renforcer l'influence des RH sur l'activité de l'entreprise. C'est ce qui ressort d'un questionnaire envoyé par iVOX pour le compte du fournisseur de services RH SD Worx à des milliers de professionnels RH en Belgique, aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. 

Les entreprises misent en masse sur la numérisation et utilisent de plus en plus les processus informatisés dans leurs différents départements. Dans ce cadre, elles s'investissent aussi de plus en plus dans l'intelligence artificielle. Grâce à l'intelligence artificielle, la technologie prend des décisions (partiellement) autonomes, ce qui fait que l'intervention humaine ne sera plus nécessaire. Les professionnels RH qui appliquent l'intelligence artificielle le font principalement pour par exemple examiner des CV sans intervention humaine, envoyer automatiquement des messages par le biais des médias sociaux vers des groupes-cibles spécifiques et pour la formation et le développement des collaborateurs.

L'intelligence artificielle aura un impact négatif sur la création d'emplois.

Les professionnels RH belges sont pessimistes à propos des perspectives offertes par l'intelligence artificielle pour les emplois dans leur secteur d'ici 2025. Seul un quart des professionnels RH belges interrogés pensent que l'intelligence artificielle entraînera la création d'emplois ; plus de la moitié (53,9 %) estiment que l'intelligence artificielle n'entraînera pas une création d'emplois. 56,5 % pensent même que l'intelligence artificielle donnera lieu à une perte d'emploi. Un peu moins d'un quart pensent que cela n'entraînera pas une perte d'emploi[1]. À ce niveau, les professionnels RH belges sont clairement moins optimistes à propos de la création potentielle d'emplois grâce à l'intelligence artificielle que leurs collègues en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni (25 % pour la Belgique par rapport à une moyenne de 50 % pour les autres pays).

 

BELGIQUE

EUROPE

L'intelligence artificielle donnera lieu à une augmentation des emplois d'ici 2025

L'intelligence artificielle entraînera une perte d'emplois d'ici 2025

L'intelligence artificielle donnera lieu à une augmentation des emplois d'ici 2025

L'intelligence artificielle entraînera une perte d'emplois d'ici 2025

Pas d’accord

53,9 %

23,2 %

32,1 %

22,5 %

Neutre

12,0 %

12,9 %

13,8 %

14,2 %

D'accord

25,0 %

56,5 %

50,4 %

59,5 %

Sans opinion

9,2 %

7,4 %

3,7 %

4,7 %

Tableau 1 : influence de l'intelligence artificielle sur la création et la perte d'emploi d'ici 2025

Les professionnels RH belges craignent un impact négatif de l'intelligence artificielle sur l'emploi dans leurs départements RH

Les professionnels RH belges sont également pessimistes à propos de l'impact de l'intelligence artificielle sur les emplois au sein de leurs départements RH. 63,5 % pensent que l'intelligence artificielle ne va pas entraîner ces prochaines années une création d'emplois, alors que 54,9 % estiment que l'intelligence artificielle va entraîner une perte d'emploi[2]. Ce faisant, ils sont considérablement moins optimistes à propos de la création d'emplois que le reste des pays européens, où seulement 40,5 % pensent qu'il n'y aura pas de nouveaux emplois au sein de leurs départements RH. 56,6 % des professionnels RH européens croient cependant que des emplois seront perdus en raison de l'intelligence artificielle, ce qui peut être comparé au résultat belge (58,1 %).

 

BELGIQUE

EUROPE

L'intelligence artificielle donnera lieu à une augmentation des emplois d'ici 2025

L'intelligence artificielle entraînera une perte d'emplois d'ici 2025

L'intelligence artificielle donnera lieu à une augmentation des emplois d'ici 2025

L'intelligence artificielle entraînera une perte d'emplois d'ici 2025

Pas d’accord

63,5 %

22,3 %

41,2 %

23,3 %

Neutre

15,4 %

12,8 %

15,2 %

16,9 %

D'accord

14,0 %

58,1 %

40,5 %

56,6 %

Sans opinion

7,1 %

6,8 %

3,1 %

3,2 %

Tableau 2 : influence de l'intelligence artificielle sur la création et la perte d'emploi au sein de leurs départements RH d'ici 2025

L'intelligence artificielle peut donner plus de poids aux RH

Malgré les attentes négatives de l'intelligence artificielle sur les emplois RH, 58,1 % des professionnels RH belges croient cependant que l'intelligence artificielle offre l'opportunité d'augmenter l'impact du département RH au niveau de l'activité de l'entreprise, alors que seulement 24,8 % considèrent l'intelligence artificielle comme une menace. Ce dernier point est en contradiction avec le reste de l'Europe, où 43,3 % voient l'intelligence artificielle comme une menace[3]. Les opinions des professionnels RH belges sont cependant divisées à propos de l'impact que l'intelligence artificielle aura sur le rôle du département RH au sein de l'entreprise. 32,9 % estiment que le rôle des RH augmentera, 25,1 % pensent que leur rôle diminuera et 41,9 % pensent que l'intelligence artificielle n'aura pas d'influence sur l'importance des RH au sein de l'entreprise.

L'intelligence artificielle n'a pas seulement de l'influence sur la création/la perte d'emploi

Les professionnels RH belges sont aussi convaincus que l'intelligence artificielle va influencer tous les processus RH. D'après les Belges interrogés, ce sont principalement « Temps et Présence », « Recrutement et Sélection », « Apprentissage et Développement » et « Gestion des performances » qui vont évoluer sous l'influence de l'intelligence artificielle.

Enfin, les professionnels RH belges reconnaissent qu'ils vont recruter sur la base d'autres compétences, en conséquence de l'intelligence artificielle, notamment la résolution de problèmes complexes, l'orientation sur le service, la flexibilité cognitive et la gestion des personnes qui gagneront en importance.

« Le fait que le professionnel RH n'ait pas encore un aperçu clair et complet de l'impact de l'intelligence artificielle sur les RH dans le domaine de la perte ou de la création d'emplois ou sur la modification de notre travail ne nous étonne pas du tout. C'est conforme aux études antérieures concernant la numérisation en général et l'impact de celle-ci. Les ordinateurs ne remplaceront pas les travailleurs d'ici tôt sur le lieu de travail et l'aspect humain continue à revêtir une importance énorme dans les RH. Cependant, il est clair que l'intelligence artificielle offre un potentiel énorme au responsable RH pour travailler d'une manière plus stratégique qu'auparavant. Nous assistons déjà au même phénomène chez nos clients qui déterminent ou adaptent leur politique RH sur la base de l'analyse prédictive », déclare Jan Laurijssen, managing consultant auprès de SD Worx.

[1] Deux questions distinctes étaient posées dans l'étude. Une première question examinait si l'intelligence artificielle va créer de nouveaux emplois au sein des RH. Une deuxième question sondait si l'intelligence artificielle pourrait faire disparaître des emplois au sein des RH. Le total ne correspond par conséquent pas nécessairement à 100 %.

[2] Deux questions distinctes étaient posées dans l'étude. Une première question examinait si l'intelligence artificielle va créer de nouveaux emplois au sein des RH et une deuxième question sondait si l'intelligence artificielle pourrait faire disparaître des emplois au sein des RH. Le total ne correspond par conséquent pas nécessairement à 100 %.

[3] Deux questions distinctes étaient posées dans l'étude. Une première question examinait si l'intelligence artificielle va créer de nouveaux emplois au sein des RH et une deuxième question sondait si l'intelligence artificielle pourrait faire disparaître des emplois au sein des RH. Le total ne doit pas correspondre à 100 %.