Le Nouveau Monde du Travail, une option à l'heure de l'allongement des carrières

Dimanche 20 décembre 2015 — Anvers, Avec le relèvement de l'âge de la pension, nous devrons tous travailler plus longtemps. Les travailleurs souhaitent également plus de personnalisation et de flexibilité dans leur job, leur planning, leur lieu de travail et leur salaire. Les entreprises sont-elles suffisamment préparées au marché du travail de demain? En quoi le Nouveau Monde du Travail (NMT) peut constituer une réponse à ces défis, comment est-il diffusé et quels sont ses effets ? SD Worx et la Louvain School of Management (LSM) ont tenté de répondre à ces questions. C'est la première fois qu'une telle étude a été menée. Au total, 481 entreprises ont été passées au crible, dont 44% en Flandre, 28% en Wallonie et 28% à Bruxelles. Un petit peu moins de 80% des entreprises interrogées sont des PME qui occupent moins de 250 travailleurs. 

Le Nouveau Monde du Travail recouvre un ensemble de pratiques qui ne datent pas d'hier : flexibilité du temps et de l’espace de travail (télétravail, hot desking, équipe virtuelle), organisation du travail en équipe autonome, management par objectifs, etc.  Dans cette configuration, il influence positivement l’engagement des travailleurs. Un enjeu crucial alors que nous devrons tous travailler plus longtemps. Mais pouvoir de temps en temps travailler dans un bureau satellite ou à domicile contribue également à résoudre la problématique liée à la mobilité et à l'environnement.

Laurent Taskin, Professeur à la LSM (UCL) : « Il est important que les entreprises belges soient prêtes à affronter l'avenir, au regard des bouleversements à l’œuvre. Notamment en questionnant leur philosophie et leurs pratiques de management : quelle vision de l’humain sous-tend leurs politiques de management ? Le nouveau monde du travail traduit une philosophie de management qui responsabilise le travailleur en promouvant une gouvernance transparente de l’entreprise. Notre étude montre que dans ces conditions, les performances sociale, environnementale et économique –ce que nous avons appelé la performance organisationnelle durable- des entreprises sont supérieures. »

Le management par objectifs, un préalable au Nouveau Monde du Travail.

Le Nouveau Monde du Travail peut revêtir différentes formes : des paysagers au télétravail et à la gestion partagée ou au management par objectifs. D'après l'étude, le target management est le plus populaire avec 59,9%. Le travailleur a des objectifs à réaliser endéans certains délais dans un cadre d'heures de travail flexibles, et se voit ainsi attribuer davantage de responsabilités. La plupart des entreprises introduisent le target management dans un but de réduction des coûts et d'amélioration des prestations.

« Le management par objectifs apparaît comme un préalable pour les entreprises qui introduisent le Nouveau Monde du Travail, car il n'est pas seulement affaire de flexibilité. Il suppose également plus de participation et de collaboration de la part de chaque travailleur. Lorsqu’il est correctement mis en place, c’est-à-dire lorsque le travailleur participe à la définition des objectifs et à leur évaluation, mais aussi lorsqu’il jouit de toute l’autonomie nécessaire pour les atteindre, alors il augmente l'autonomie mais, surtout, il est vecteur de créativité et d’innovation », indique le Professeur Laurent Taskin.

Les paysagers arrivent en seconde position, avec 57,8%. Le télétravail (51,8%) occupe la troisième place du podium des pratiques de NMT les plus diffusées.

L'introduction du Nouveau Monde du Travail a un impact direct sur les collaborateurs. Il est dès lors important de les impliquer dès le début lors de la définition et l'établissement d'une nouvelle pratique NMT. On remarque toutefois que seul 43% des collaborateurs sont consultés lorsqu'une nouvelle méthode de travail est introduite. D'après l’étude, les collaborateurs  belges sont principalement associés aux décisions concernant des sujets de long terme, comme le management participatif (74,5%), les équipes semi-autonomes (65,2%) et la gestion des connaissances (56,9%). On consulte moins les collaborateurs pour les pratiques où la performance productive à court terme est recherchée.

Les entreprises mesurent principalement les conséquences économiques du Nouveau Monde du Travail

L'une des motivations pour lesquelles les entreprises introduisent le Nouveau Monde du Travail est la recherche de performances durables sur le long terme. Dans cette étude, la performance organisationnelle durable a été définie sur la base de trois critères : la durabilité socio-organisationnelle, économique et environnementale. Pour chaque critère, on s'est demandé si l'entreprise évaluait effectivement les pratiques mises en œuvre et si elle entreprenait des actions pour les améliorer.

De l’étude, il ressort que 70,4% des entreprises mesurent les indicateurs de performance  économique, 62,8% les indicateurs de performance socio-organisationnelle et un peu plus de la moitié (50,4%) les indicateurs de performance environnementale. Les indicateurs économiques utilisés reprennent les coûts en R&D, le chiffre d'affaires, ROI et des coûts de production ; pour les indicateurs  socio-organisationnelles, il s’agit principalement de la charge psycho-sociale des collaborateurs, de leur motivation, de leurs statistiques d'absence et de leur rémunération et enfin, pour les indicateurs environnementaux les consommations d’eau et d’énergie.

Des résultats médiocres

La mesure de ces trois types de performance n'est qu'une première étape. En effet, la durabilité découle de ce que l'on fait des résultats de ces mesures, ainsi que de la manière dont ces pratiques du Nouveau Monde du Travail sont implémentées dans la stratégie RH de la société et orientées vers le moyen et long terme.

Les entreprises belges enregistrent un score très faible à ce niveau. Seules 12,1% d'entre elles enregistrent un score correct en matière de prestations organisationnelles durables. 15% ne font rien des résultats des mesures. Somme toute, quasi trois quarts des entreprises interrogées obtiennent un score moyen.

Long terme

Les collaborateurs restent aujourd'hui le moteur de l'entreprise. Il est dès lors essentiel d'anticiper dès aujourd'hui sur une série de défis au sein du marché du travail pour les années à venir. Le Nouveau Monde du Travail est l'une des pistes que devraient explorer les entreprises.

« Il est essentiel que les organisations s'interrogent sur les raisons d'introduire le Nouveau Monde du Travail en leur sein et sur la manière dont elles pourraient s'y prendre. Ce n'est qu'à partir de là que l'on peut concrétiser le Nouveau Monde du Travail. Il faut donc opter pour le long terme, implémenter un système d'évaluation des prestations et en utiliser les résultats comme base pour développer les stratégies. L'analyse des prestations durables contribue à améliorer la gouvernance et le rôle de la GRH », indique Benoît Van Grieken, managing consultant chez SD Worx.

À propos de SD Worx

SD Worx offre un service complet dans le domaine du payroll, des RH et du Tax & Legal en Europe, aux Etats-Unis et au Canada. Plus de 2.000 collaborateurs servent plus de 54.000 clients des secteurs privé et public, allant de PME à de grandes organisations. Les services offerts vont du calcul et de l’administration des salaires aux formations, recherche RH, consultance sociojuridique, fiscale et RH, implémentation de progiciels spécialisés pour les services au personnel et soutien sur place.

SD Worx calcule chaque mois plus de 1,35 million de salaires et a des bureaux à Amsterdam, Anvers, Berlin, Breda, Bruxelles, Francfort, Gand, Hasselt, Courtrai, Louvain-la-Neuve, Luxembourg, Liège et Paris. SD Worx est co-fondateur de la Payroll Services Alliance, qui assure le calcul de 30 millions de salaires à travers le monde.

Plus d'informations sur www.sdworx.com

Pour de plus amples informations, contactez :

Pieter Goetgebuer, porte-parole SD Worx
T +32 (0)3 201 76 68 / M +32 (0)497 45 36 73
pieter.goetgebuer@sdworx.com

Saar Bentein, Grayling
T +32 (0) 27 13 07 33 / M +32 (0)477 45 75 43
saar.bentein@grayling.com

A propos de l’étude

Cette étude fait suite à un partenariat entre la Louvain School of Management et SD Worx. Cette étude reprend les résultats d’une enquête menée auprès des sociétés belges entre décembre 2013 et février 2014. Vous pouvez consulter le livre blanc en cliquant sur ce lien. Vous pouvez consulter l’étude complète via ce lien.

Contact : Pr Laurent Taskin, T +32 (0)10 47 83 71, laurent.taskin@uclouvain.be

A propos de Louvain School of Management

La Louvain School of Management est l’école de gestion de l’Université catholique de Louvain. La LSM organise les masters en management, ingénieur de gestion au sein de l’une des plus anciennes Universités d’Europe. Classée première école de gestion de Belgique (Financial Times, 2013), la LSM est l’unique partenaire belge du prestigieux réseau CEMS, l’une des meilleures formations en management d’Europe, insérée dans un réseau d’Universités de premier plan. www.uclouvain.be/lsm

Le Louvain School of Management Research Institute (ILSM) est  l’Institut de recherche de l’UCL dédié à la recherche théorique et appliquée, empirique et expérimentale, dans le domaine du management des entreprises publiques et privées. L’Institut accueille 70 académiques et plus de 100 chercheurs issus de différentes disciplines qui se mobilisent dans l’étude du management et de ses enjeux sociétaux. Dans le domaine de la Gestion des Ressources Humaines, la Chaire laboRH en management humain et transformations constitue un centre d’expertise unique en Belgique, rassemblant scientifiques et professionnels du domaine autour des enjeux RH d’aujourd’hui et demain : www.uclouvain.be/laborh

Illustration 1 Le Nouveau Monde du Travail au sein des entreprises belges
Illustration 2 Score des entreprises belges sur le plan des prestations organisationnelles durables